Kubuntu

Après... un mois et demi de silence, j'ai décidé de vous parler d'Ubuntu, ou plutôt Kubuntu, la distribution Linux que j'utilise depuis quelques mois. Rassurez-vous, il ne m'est rien arrivé durant ce temps, disons que j'ai décidé de me consacrer un peu plus intensivement aux projets qui me tiennent à coeur.

L'histoire commence début avril. A cette époque, je décide de contribuer au développement de KDE. Je reviendrai là-dessus très probablement dans un prochain billet. Problème: à ce moment, je tourne sous Mandrake 10.1 dont la version de KDE est la 3.3. Or je n'ai qu'une seule machine, pour l'utilisation classique et le développement, donc il me faut un KDE 3.4 packagé, qui sera compatible avec les modules que je compilerai à partir du tronc SVN. Depuis quelques temps déjà, j'ai envie de revenir vers une Debian-like et (K)ubuntu en est la version bleeding-edge qu'il me faut. Je l'ai déjà testée rapidement, mais là toutes les raisons me font l'installer comme OS princial.

Donc après 4 mois de Kubuntu, je pense connaître suffisamment la distribution pour en faire un faire un commentaire pertinent.

Voici ce que j'aime dans Kubuntu :

  • le public commitment (engagement public) que fait Ubuntu à ses utilisateurs. En particulier le fait qu'elle s'engage complètement dans les principes du logiciel libre, et qu'elle restera gratuite. Le fait qu'elle soit maintenant développée par une fondation indépendante aussi ;
  • la grande quantité de paquets officiels que contient la distribution et la puissance du système de gestion des paquets. La plupart des paquets Debian sont en effet repris dans Ubuntu ;
  • le calendrier fixe de sorties de versions, à savoir une sortie tous les 6 mois, pour avoir toujours un système à jour. De plus lorsqu'une version de KDE sort entre deux release, celle-ci est incluse dans les quelques jours dans les paquets officiels Kubuntu
  • la (relative) facilité d'installation ;
  • la communauté, particulièrement sympa et disponible (à comparer avec la communauté Debian moins accessible ou la communauté Mandriva il faut être membre du club pour participer).

Voici ce que j'aime moins dans Kubuntu :

  • la détection du matériel est meilleure que celle d'une Debian nue, mais pas à la hauteur de celle de Mandriva ou Suse. Quand j'ai booté pour la première fois, je n'avais ni son ni webcam. Pour le son, j'ai cherché assez longtemps avant de comprendre que le périphérique de ma carte son rentrait en conflit avec un autre, et qu'il fallait que je change l'ordre de chargement des modules. Pour la webcam, son driver, pourtant libre et éprouvé, n'était pas inclus dans Ubuntu. Rien de dramatique donc, des problèmes faciles à résoudre pour un habitué, mais n'incitant pas un débutant à poursuivre l'aventure sous Linux. Surtout que ces périphériques sont parfaitement reconnus par d'autres distributions ;
  • certains paquets (pas les logiciels connus) vraiment vieux. Par exemple, j'en avais parlé dans un commentaire, SCIM n'en est qu'à sa version 1.0.2, alors qu'il y a eu 3 versions majeures depuis ;
  • la jeunesse de l'ensemble : des paquets sans entrées dans le menu, d'autres non traduits ou sans documentation (alors que la documentation existe)...

J'ai parfaitement adopté Kubuntu qui répond pleinement à mes besoins : pouvoir développer pour KDE, au sein d'un système stable et avec les dernières versions des logiciels. Durant ces 4 mois, j'ai pas mal contribué au Wiki Ubuntu-fr et je pense que ce wiki est une mine d'or pour les débutants. Cependant, dans sa version actuelle, je ne conseillerai pas (K)ubuntu à un débutant car il nécessite de mettre les mains dans le camboui (il n'y a pas d'outil graphique de configuration du matériel). Je continue à estimer que l'utilisateur final, non informaticien, ne doit pas avoir à taper de la ligne de commande pour pouvoir utiliser son ordinateur (sous-entendu: surfer sur Internet, copier les images de son appareil photo, rédiger ses lettres), qu'il n'a même pas à voir le processus de boot du système.

Au fait, il y a quelques jours j'ai installé une Gentoo et... j'ai tripé :-) Faudra aussi que j'en parle...