Je prends tous les jours mon vélo pour aller travailler, mon boulot se trouvant à environ 5 km de chez moi.

Il m'arrive souvent de m'énerver contre les voitures qui se croient tout permis sur la route, alors qu'elles devraient garder la tête basse, étant donné que ce sont elles qui polluent la ville et menacent l'avenir de la planète. Après le temps de l'énervement, je me mets généralement à essayer d'imaginer une société qui a tenu compte de ses égarements passés et décide de se comporter de façon responsable par rapport à sa planète.

Quand je pense à tout ça, je suis au milieu des gaz d'échappement de la ville, donc ce qui me vient en premier à l'esprit est l'idée d'une ville sans voitures. C'est ainsi que je me l'imagine :

  • un réseau de métro couvre tous les grands axes;
  • le reste de la ville est couvert par des lignes de tramway. Le but est que tous les habitants de la ville soient au maximum à 400m d'un arrêt de métro ou tram;
  • la voiture est, vous l'aurez compris, complètement prohibée dans la ville. Les vélos et rollers ont toute la place qu'ils souhaitent. Un système tel que vélo'v à Lyon permet d'emprunter des vélos dans toute la ville (je reviendrai peut-être sur vélo'v dans un autre villet plus sérieux);
  • les véhicules de livraison, exclusivement électriques, peuvent circuler le matin;
  • une gare au centre-ville accueille le TGV, pour que les liaisons avec les autres villes soient rapides. L'aéroport est si possible à proscrire, mais si la taille de la ville est si importante qu'il devient obligatoire de la relier aux autres continents par exemple, l'aéroport est très à l'écart de la ville, mais accessible par un tramway express;
  • les zones industrielles situées à l'extérieur de la ville sont également accessibles par un tramway express. Les entreprises sont incitées à occuper ces zones. Les autre zones bénéficient d'un réseau de bus, et des grands parkings à voitures sont disponibles tout autour de la ville, sur les arrêts de tram et métro;

Vous allez me répondre Comment je fais pour ramener mes courses chez moi, amener ma vieille armoire à la déchetterie, charger ma voiture pour partir en vacances ? Le but est de favoriser le commerce de proximité, plus convivial et créateur d'emplois, mais il possible d'imaginer :

  • l'usage de la voiture peut être autorisé une fois par semaine (à discuter). Il faut s'inscrire sur le site Internet de la ville avant le déplacement, et gare aux voitures roulant sans être inscrites;
  • des services aux particuliers répondent à tous les autres besoins, cela est par ailleurs créateur d'emplois (les entreprises proposant ces services ont droit à des véhicules électriques);
  • il peut être envisagé que dans un premier temps des exemptions de l'interdiction de voiture soient possibles moyennant finance. Evidemment, le coût doit être très dissuasif, et l'argent récolté servir à 100% à financer la ville (je parlerai du coût de la ville plus loin)

Je vous entends aussi vous écrier Tous ces transports en communs fonctionnent à l'électricité, mais fabriquer de l'électricité est polluant ! Certes mais, juché sur mon vélo, je réponds :

  • l'obtention d'électricité est polluante, mais cette pollution est maîtrisée par les collectivités. L'électricité pollue à sa production, mais pas à son utilisation. C'est à dire que ceux qui polluent ne sont plus directement les particuliers, mais des organismes plus responsables;
  • tous les logements possèdent des panneaux solaires pour fournir le plus d'électricité possible;
  • des actions sont menées en parallèle pour économiser l'énergie, ne sont vendues que des ampoules ou appareils électriques économiques (c'est incroyable toute l'énergie gaspillée);
  • les énergies renouvelables sont amenées à se développer, et on peut penser qu'en investissant suffisamment dans la recherche, d'ici quelques dizaines d'années, elle permettront de subvenir aux besoin d'une ville.

Le coût d'une telle réalisation peut sembler énorme, mais il faut mettre en avant la quantité d'emplois qu'elle permet de créer. De plus, si on le replace dans le cadre d'une politique tournée vers le développement durable, ce coût n'est plus si exhorbitant. Je ne rêve pas d'une ville sponsorisée, mais on peut imaginer que des grands groupes soient intéressés par une participation à l'effort financier, parce qu'ils croient au projet ou tout simplement pour se donner une image écologique.

Bon, ça y est, j'arrive à Part-Dieu où je travaille. Je range mon vélo dans le garage et je monte dans mon bureau, au troisième, où je dois vite oublier toutes ces pensées utopiques et me remettre à bosser, pour des objectifs beaucoup plus terre à terre.