Tux

J'ai décidé de faire le ménage sur mon PC principal. En effet, j'ai constaté que je n'utilisais quasi plus pas ma partition Windows, qui occupait beaucoup trop de place. J'ai donc tout formatté, réinstallé un beau linux tout neuf, et la dernière étape sera d'installer une partition Windows minimale qui me servira de GameBox (pas encore sûr, je vais d'abord tester la dernière version de Cedega, ex-WineX).

Comme je n'ai plus trop le temps en ce moment de passer des heures à configurer mon système, j'ai choisi d'installer une Mandrake 10.1 Official. L'aspect commercial de la boîte (Mandrakesoft) m'ennuie un peu, j'aimais mieux l'aspect communautaire de Debian par exemple, mais je savais que cette Mandrake reconnaissait tous mes périphériques et que le Mandrake Control Panel m'éviterait d'avoir à éditer mes fichiers de configuration pour le moindre changement matériel.
L'installation de Mandrake est très simple, mais je vais profiter de ma réinstallation pour évoquer ici les différentes étapes d'une installation. Ca ne sera pas aussi complet qu'un bon tutoriel, mais si mon billet est utile à au moins un débutant, c'est que j'ai bien fait de l'écrire. Et puis c'est à grâce à ce genre de textes qu'on a des réponses Google quand on galère sur quelque chose. Avant de commencer, si vous ne connaissez pas le monde UNIX/Linux, parcourez la documentation de votre distribution (celle de Mandrake est très bien faite) pour connaître les notions de bases (multi-utilisateurs, arborescence des répertoires, shell...).

Etape 1: L'installation proprement dite

Pour commencer, j'ai téléchargé et gravé les 3 CDs de l'édition Download de Mandrake 10.1 Official (il y a un 4e CD mais peu utile, sauf si on souhaite KDE 3.3 tout de suite).
Ensuite j'ai paramétré le BIOS pour démarrer sur le lecteur CD, et booté sur le CD1. L'install proprement dite est très simple, il suffit de suivre les instructions. Si le démarrage bloque sur un périphérique USB (ce qui n'a pas été mon cas), débranchez-le et recommencez l'install, vous aurez l'occasion de l'installer plus tard.

Etape 2: Configuration d'URPMI

Voilà, l'install est fini, je suis sous KDE (que je préfère en paramétrabilité à Gnome; faut que je teste Xfce). Je précise que j'ai déjà accès à Internet, accédant à ma Freebox par ethernet. J'ai les paquets que j'ai choisis à l'install, mais j'en aurai vite besoin de bien d'autres. Pour cela je vais ajouter des sources à urpmi. Et Easy Urpmi va m'y aider. Je choisi les sources contrib, main, update et plf pour la 10.1 official et Easy Urpmi me donne les lignes shell à taper pour installer ces sources. Sélection des lignes en question, bouton Konsole, su, mot de passe root, bouton du milieu pour les coller dans la console, et c'est fait.

Je précise que d'une manière générale, sous Linux, quand on n'est pas geek, on installe les logiciels via les paquets de sa distributions plutôt qu'en allant les chercher à droite à gauche. Cela permet d'être sûr d'avoir une version stable, cohérente, cela résoud les problèmes de dépendance et permet la désinstallation. Ce n'est que quand on ne trouve pas de paquet convenant qu'on télécharge et compile les sources.

Etape 3: Configuration des polices

Il se peut que les polices de base vous conviennent, s'affichent correctement sur votre écran: ce n'est pas mon cas. Personnellement je ne supporte pas l'antialiasing de KDE et Gnome, que je trouve "baveux", et les polices sans antialiasing sont affreuses chez moi, d'où les deux procédures suivantes:

  1. Installer des bonnes polices TrueType ayant un bon hinting
    Je trouve celles de Microsoft excellentes. Leur problème est de ne pas être libres, et de nécessiter une licence Windows. Personnellement, je considère que la licence du Windows de mon portable suffit, j'utiliserai ces polices propriétaires en attendant que des libres aussi bonnes arrivent. Pour les installer, il y a deux possibilités: les importer depuis une partition windows existante (via le Mandrake Control Center ou via KDE plutôt qu'à la main), ou les télécharger, sur ce site par exemple. Moi j'avais gardé le répertoire fonts de Windows donc je les ai importé
    Si vous préférez rester dans le libre, il y a pas mal de liens sur Framasoft.
  2. Utiliser le moteur de rendu FreeType et son interprêteur de bytecode
    Vous vous rendrez vite compte en les installant que ces polices ne semblent pas plus belles que les anciennes. C'est parce que ni le serveur X, ni le WM ne savent rendre le TrueType. Heureusement FreeType, moteur de rendu de polices libre, sait le faire. Et ça tombe bien, PLF propose un paquet freetype-1.3.1-23mdk pour Mandrake (incluant l'interprêteur de bytecode TrueType), qui va faire toute l'installation à ma place, il ne me reste qu'à relancer le serveur X.
  3. Configurer les applications pour utiliser les belles polices
    Je suis actuellement sous KDE donc j'ai configuré celui-ci pour utiliser des polices TrueType. Reste les aplications Gtk et les applications "à part" comme Mozilla. Pour tout ça, je vous conseille cet excellent Mini-Howto.

Etape 4: Installation du driver propriétaire ATI

La Mandrake, en tout cas dans son édition gratuite, est une distribution 100% libre. Donc les drivers de carte vidéo installés par défaut sont des drivers libres. Malheureusement, ceux-ci gèrent moins bien l'accélérations 3D (sont beaucoup moins rapides en 3D) que les drivers propriétaires d'ATI. Pour installer les drivers propriétaires, rien de très difficile:

  • Installer les sources du kernel Linux si ce n'est pas fait: urpmi kernel-source
  • Télécharger les drivers sur le site d'ATI. Prendre la version pour XFree86 4.3 en RPM si vous avez XOrg 6.7 (version par défaut dans Mandrake 10.1).
  • Installer les drivers en ignorant les erreurs de dépendance: urpmi --allow-force fglrx_4_3_0-****-1.i386.rpm
  • Lancer l'outil de configuration d'ATI fglrxconfig qui va générer un fichier de config /etc/X11/XF86Config-4 tout beau.
  • Malheureusement XOrg préfère que le fichier de conf s'appelle xorg.conf donc faire un beau lien symbolique: ln -s /etc/X11XF86Config-4 /etc/X11/xorg.conf
  • Redémarrer

Etape 5: Installation d'une méthode de saisie, pour taper du chinois ou du japonais

Vous n'aurez probablement pas besoin de passer par cette étape, mais moi oui. Ben oui, mon PC est aussi celui de ma copine, faut bien qu'elle puisse taper en chinois. Comme souvent sous Linux, il y a pas mal de choix, de nombreux projets libres d'IM pour Linux existent. En voici une sélection en screenshots dans ce chinese-howto, il y en a d'autres. Le problème est que je n'ai pas trouvé d'IM ultime, chacun a des inconvénients. Il y a un projet d'IM ultime, multi-plateformes, multi-langues, multi-tout, qui serait une architecture standard (c'est le projet d'Open i18n), mais le projet a dû avoir les yeux plus gros que le ventre car ça fait 7 ans qu'il est commencé et il n'y a toujours quasi-rien d'utilisable. J'ai nommé IIIMF.

Donc j'ai fait quelques sélections et j'ai retenu:

  • SCIM
    Avantages: gère des dizaines de langues et de système de saisie différents !
    Inconvénient: le système smart pinyin n'est pas très pratique, d'après Xue, et en particulier on ne peut pas choisir les caractères par leur numéro (à cause du clavier français).
  • fcitx
    Avantages: discret et élégant, on peut sélectionner les caractères par leur numéro (mais avec shift)
    Inconvénient: pour l'utiliser, il faut passer la variable LC_CTYPE à zh_CN, donc on ne peut plus utiliser les touches mortes (accent circonflexe...)

Après de longues hésitations, bien que fcitx convienne un peu mieux au chinois (il est très utilisé en Chine) j'ai quand même choisi SCIM, qui a l'avantage d'être un IM standard, auquel on peut ajouter des dizaines de greffons. Il est disponible (comme fcitx d'ailleurs) parmi les paquets officiels de Mandrake. Voici les quelques étapes pour l'activer (pour plus d'informations, voir par exemple ce site)

  1. Ajouter ces 3 lignes au fichier ~/.i18n:
    GTK_IM_MODULE=scim
    XIM_PROGRAM="scim -d"
    XMODIFIERS=@im=SCIM
  2. positionner la variable LC_CTYPE à fr_FR.UTF-8, dans le même fichier
  3. ajouter le support de fr_FR.UTF-8 par SCIM avec la ligne
    /SupportedUnicodeLocales = en_US.UTF-8,fr_FR.UTF-8
    dans le fichier /etc/scim/global

Voilà, ma Mandrake est prête. Il ne me reste qu'à installer les logiciels libres que je trouve indispensables, comme Firefox et Thunderbird. Et puis bien sûr personnaliser un peu le bureau. Faire un bureau à la fois artistique et ergonomique demande vraiment du talent.