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Le futur de Kubuntu

Le Fridge a relayé il y a peu un message de Mark Shuttleworth, annonçant une réunion[1] entre les communautés Kubuntu et KDE pendant le LinuxTag.

Dans ce message, Mark, qui prend en considération la très forte communauté KDE, souhaite que la distribution Kubuntu soit a la hauteur et soit the best example of KDE in action.

Pour cela, il propose notamment de séparer le cycle de release d'Ubuntu et de Kubuntu, pour que Kubuntu can release when KDE releases.
L'avantage est qu'on n'aurait plus une distribution (breezy par exemple) avec plusieurs versions de KDE supportées (KDE 3.4 et KDE 3.5 avec les dépôts riddell). On aurait un Kubuntu parfaitement optimisé pour un KDE donné, et dès le jour de sa sortie.
Par contre, le risque est que Kubuntu s'éloigne d'Ubuntu, qu'on perde la notion "Une distribution pour plusieurs bureaux" (notion déjà mise à mal par le fait que la distribution Ubuntu ne promeut que Gnome).

Kubuntu doit-il aller vers un rapprochement avec Ubuntu, l'union faisant la force (un nom et un artwork unique aident niveau marketing), ou Kubuntu doit-il devenir plus autonome, devenir vraiment une distribution complète basée sur KDE ?

On m'a demandé mon opinion personnelle sur ce que devrait être le futur de Kubuntu par rapport à celui d'Ubuntu, je retranscris ci-dessous ma réponse.

Il y a deux points tout à fait différents:

1) Le point de vue technique

Je suis à 200% pour que techniquement Ubuntu et Kubuntu restent la même distribution. C'est à dire que tous leurs paquets restent les mêmes.
La seule différence doit être la sélection de paquets par défaut: Ubuntu doit apporter un ensemble de logiciels Gnome cohérents, et idem pour Kubuntu.

Dans cette optique, je suis personnellement contre la proposition, évoquée par Mark, de désynchroniser le cycle de releases d'Ubuntu et de Kubuntu.
Ubuntu et Kubuntu doivent rester deux façons de présenter de façon cohérente aux utilisateur la *même* distribution. Je pense qu'il faut prendre garde à ne pas s'éloigner de ce principe de base.

Je sais que ce n'est pas très beau de devoir ajouter les dépots de Jonathan Riddell pour avoir une nouvelle version de KDE, mais ça peut se résoudre avec un dépot officiel "desktop-update" par exemple, non activé par défaut.

2) Le point de vue marketing

J'aurais aimé qu'il n'existe qu'un seul nom Ubuntu, qu'un seul artwork, qu'un seul packaging (à moyen terme la place limitée sur un CD ne sera plus du tout un problème, tout le monde pourra lire des DVD).
Mais j'aurais aimé qu'en ce cas Ubuntu ne soit pas présentée comme une distribution Gnome, une distribution facile grâce à Gnome, mais comme une distribution tout court, comprenant plusieurs bureaux, chaque bureau comportant un ensemble cohérent d'application (contrairement à une distrib comme mandriva dont les logiciels installés par défaut sont très hétérogènes).
Dans cette optique, on séparerait complètement les notions de Ubuntu et de Gnome. Si on voulait parler d'un certain bureau, on dirait Ubuntu-Gnome ou Ubuntu-KDE.
A l'installation, on laisserait le choix à l'utilisateur, avec une capture d'écran de chaque environnement et les principaux avantages de chacun. Ce n'est pas apporter de la confusion à l'utilisateur: ce choix est bien plus compréhensible pour un débutant que tous les autres choix qu'il a dû faire l'or de l'installation de l'OS (notamment le partitionnement).
Et puis l'utilisateur pourrait cliquer suivant, en ce cas il installerait Gnome, qui est je l'admets le bureau plus simple pour un débutant.
Reste le problème (à court terme) de ceux qui veulent graver eux-mêmes leur Ubuntu mais qui n'ont pas de graveur de DVD. Pour eux on peut continuer à proposer des CD dédiés comme actuellement. Mais en laissant le choix du bureau au téléchargement.

Mark et Canonical ont pris une voie différente: associer clairement Ubuntu à Gnome.
Le CD Ubuntu est un CD Gnome et aucun débutant ne devinera l'existence de Kubuntu/KDE.
Je n'accepte pas que KDE devienne seulement un bureau alternatif pour geeks, qu'on ait le vrai bureau Ubuntu officiel, Gnome, et un bureau alternatif KDE, qui n'aura évidemment pas autant de moyens (donc une moins bonne qualité), et très peu de visiblité.
Ainsi, je suis partisan, pour redonner de la visibilité à KDE, pour remettre KDE sur le même plan que Gnome, pour que les gens comprennent que ce n'est pas risqué d'installer KDE, qu'ils auront toujours un environnement tout à fait cohérent, uniforme, de promouvoir la distribution Kubuntu.

Le site Kubuntu-fr[2] va tout faire pour avoir le plus de succès et de visibilité possible, car j'aimerais que tout le monde prenne connaissance de Kubuntu, qui pour moi est la distribution Linux idéale.

Pour résumer: j'aurais préféré que KDE soit un bureau au même titre que Gnome dans une distribution unique Ubuntu. Mais comme ce n'est pas le cas, j'aimerais que Kubuntu prenne de l'importance pour attirer une communauté importante d'utilisateurs mais aussi de contributeurs. Je crois que c'est impossible au sein d'une distribution Gnome, qu'aucune kadeiste n'aura envie de s'impliquer dans une distribution Gnome.
Donc je suis plutôt à classer parmi les fusionnistes, mais dans l'état actuel des choses je ne peux que supporter Kubuntu.

Notes

[1] Un compte-rendu de la réunion, qui n'apporte soit dit en passant pas grand'chose, est disponible sur dot.kde.org

[2] Même moi je me mets au teasing :)

Essayez la beta de Vim 7.0 !

Je suis Vi-addicted, ou plus précisément Vim-addicted. Ca étonnera probablement ceux qui me connaissaient à l'ENSIMAG, car à l'époque j'avais pas fait l'effort de m'y mettre et je préfèrais nettement nedit pour éditer des fichiers sous Unix. Mais le temps a passé et, en particulier pour tout ce qui est langages scriptés, j'utilise intensivement Vim, et notamment plusieurs fichiers en même temps, fenêtre splittée ou non.

Il y a quelques semaines j'avais vu qu'une beta de Vim 7 étaient sortie, mais je ne l'avais pas essayée, étant pleinement satisfait de mon Vim 6.4 fourni avec Kubuntu (et sur les machines Linux au boulot). Je me suis décidé hier à l'essayer et... Ca en valait vraiment le coup !

L'installation ne pose aucun problème. La beta se trouve sur le FTP de Vim et s'installe avec un classique:

./configure [--enable-gui] [--prefix=/path/si/different/de/usr/local]
make
sudo make install

--enable-gui permet de compiler et installer gvim, la version de Vim avec GUI, en plus de Vim. Je n'utilise pas gvim personnellement, c'est trop coûteux en ressources dans le cadre d'une utilisation distante via SSH, mais il faut reconnaître que la gestion des onglets (je vais y venir) est réussie dans gvim. Je n'ai eu qu'un paquet à ajouter à ma Kubuntu pour que le configure passe: ncurses-dev

Donc venons-en aux fait, ce que j'adore dans Vim 7.0, c'est la gestion des onglets (tabs). Ca s'utilise très facilement, avec notamment les commandes:

:tabe nomfichier (ouvrir un nouveau tab)
:tabc            (fermer un tab)
:tab commande    (ouvrir un tab sur une commande)
gt               (GotoTab, aller au prochain tab)

Encore mieux, si la souris est activée (:set mouse=a), on peux même cliquer sur les tabs pour les sélectionner, et il y a aussi une petite croix en haut à droite pour les fermer. Tout ça marche fort bien même dans le cadre d'une utilisation distante via SSH. Mais bon la force de vim, c'est de permettre de tout faire très rapidement s'en quitter les mains du clavier. Un petit screenshot vaut mieux qu'un long discours. On peut voir que le tab activé est en gras.



Autre nouveauté importante, la complétion automatique. Ca s'utilise notamment avec CTRL+X CTRL+O en mode insertion (oui ça fait raccourci à la emacs, mais en mode insertion on est bien obligé d'utilise CTRL). Il faut configurer la complétion avec un :set omnifunc=htmlcomplete#CompleteTags par exemple, voici un petit screenshot de ce que ça donne:



Le tout dans un terminal Yakuake, intégré dans mon environnement. On peut voir que le nombre de fichiers ouverts dans un onglet est rappelé à côté du nom de de fichier.

(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Bref, du tout bon, cette version de Vim. Surtout quand on ajoute les nouveautés des dernières versions comme la possibilité de browser pour ouvrir un fichier, avec :E ou :Se.

Certains diront que Vim devient trop bloated, mais il est toujours instantané à s'ouvrir (chez moi) et la compatibilité est conservée avec les anciennes versions (si on ne veut pas de tabs, on n'utilise pas les commandes :tab*), et les évolutions vont vraiment dans le bon sens.

Blog spammé

Vous avez dû le remarquer, mon blog a été très fortement spammé ces derniers mois. Ce qui est étonnant est que:

  • tout est arrivé du jour au lendemain. Il n'y avait jusqu'alors eu que quelques commentaires de spam dans tout le blog, et tout d'un coup des dizaines par jour;
  • l'ampleur que ça a pris est impressionante: environ 70 messages ou trackbacks de spam par jour;
  • pourquoi moi ? je me suis renseigné auprès de quelques copains blogueurs, et la plupart, ayant pourtant beaucoup plus d'audience que moi, ne reçoivent pas autant de spam.

J'ai arrêté depuis pas mal de temps de mettre l'adresse du site quand j'écris un commentaire sur un blog. mais ça n'a rien changé. Trop tard probablement.

Tout ceci a très largement entamé ma motivation de tenir ce blog, d'où l'absence de billet, mais j'ai finalement décidé de m'y remettre. J'ai rempli du mieux que je pouvais la liste de mots interdits de Spamplemousse et ça limite le nombre de spams à quelques uns par jour, que je vais supprimer manuellement en attendant de trouver une meilleure solution :-)

EDIT: Sur le conseil d'Alban, j'ai remplacé Spamplemousse par SpamClear, qui ne marche pas par blacklist mais par filtre bayésien. On verra bien ce que ça va donner...

Quelle star ce Vuntz !

On ne voit plus que lui dans le milieu du logiciel libre et de Linux...

En tous cas c'est l'impression que j'ai eue aujourd'hui:

  • D'abord, ce matin, je consulte les news et journaux sur LinuxFr comme à mon habitude, et qu'est-ce que je vois au milieu des commentaires sur le feuilleton du moment, la discussion au parlement du projet de loi DADVSI ? Ubuntu lance une lettre d'information, et dans le premier numéro on y trouve l'Interview with a desktop hero de Sébastien Bacher[1] par Vincent Untz. Vuntz est donc, en plus de ses responsabilités dans le projet Gnome, journaliste officiel de la distribution Ubuntu.
  • Ensuite, ma journée de travail se termine et je passe à Carrefour pour faire quelques courses. En passant devant le rayon des magazines, je m'arrête feuilleter les revues sur Linux, et qu'est-ce que je trouve ? Page 4 de GNU/Linux Magazine France, le magazine français de référence sur Linux, une grande photo de notre Vuntz national en pleine activité sur le stand Gnome des 7èmes Journées du Logiciel Libre.

Bref, bravo à Vuntz, le nouveau people du moment, qui je le précise est un excellent copain et un de mes camarades de promo.

Notes

[1] On y apprend d'ailleurs que Sébastien Bacher est supporter du FC Metz, comme moi, ça fait toujours plaisir !

Coup de coeur pour... Netvibes.com !

En ce moment c'est la mode des pages d'accueil personnalisées, c'est à dire des portails où l'on choisit quelles informations faire apparaître et où on veut qu'elles soient placées. Je ne sais pas qui a été le premier à faire ça, mais en tous cas maintenant il y en a pas mal, dont les habituels Google, et Microsoft, mais aussi... Netvibes, dont j'ai envie de parler aujourd'hui.

Jusque maintenant je ne voyais pas trop l'intérêt de tout ça, quel intérêt d'avoir ses fils RSS et ses mails sur une page web alors qu'un agrégateur RSS et un mailer font beaucoup mieux le boulot... Mais quand j'ai vu Netvibes, j'ai trouvé ça super mignon, alors je lui ai donné une chance... Et j'ai adoré, voilà pourquoi:

  • aucune page de config, tout se configure en passant la souris au-dessus des boîtes. C'est super rapide, juste deux minutes, le temps de copier/coller les adresses de quelques flux RSS;
  • c'est un modèle de sobriété, un peu comme Google à ses débuts, et au contraire de Google maintenant: il n'y a presque pas de texte, ça repose l'oeil;
  • les modules Webnote. C'est juste des zones de texte, mais toutes jolies, avec un nom et une couleur, ça s'enregistre automatiquement et ça permet de coller des idées qui passent par la tête au boulot et les retrouver le soir. Disons que ça remplace très avantageusement la page PHP avec juste un textarea et un bouton envoyer que j'utilisais jusque là (à noter qu'un module spécifique TODO list va sortir d'ici peu);
  • le module Flickr, un peu gadget mais qui permet d'égayer la page (merci Tristan Nitot pour tes photos);
  • le fait de voir tous ses flux RSS en même temps permet de ne pas rater une info importante, sans avoir besoin de prendre le temps de tous les parcourir...

Jusqu'à présent je ne croyais pas du tout en un bureau complet dans le navigateur, mais j'avoue que vu les progrès effectués ces derniers temps, et en particuliers grâce à l'utilisation d'Ajax, ça devient vraiment crédible. Evidemment je n'échangerais pour rien au monde les fonctionnalités et l'intégration entre eux de mes clients lourds sur mon poste de travail (Kmail, Kopete and so on), mais pour une utilisation nomade, genre en vacances chez mes parents, ce genre de bureau trouve vraiment son créneau.

L'écran bleu, un art asiatique ?

On a été visiter, avec Xue, le musée des arts asiatiques de Nice. Un très beau musée d'ailleurs, bien qu'un peu... petit. Si ça vous intéresse, je vous conseille d'y aller un premier dimanche du mois, quand l'entrée est gratuite.

Un musée, c'est la possibilité de voir des choses qui ont disparu depuis longtemps. Moi, j'ai vu quelque chose que je n'avais pas vu depuis très longtemps, un bel écran bleu de Windows, sur une borne interactive du musée :-)

La photo est floue car j'ai dû faire vite, d'une part parce que c'est un peu ridicule de photographier un ordinateur en panne, et d'autre part parce que les photos étaient interdite dans le musée.

Ecran bleu

Télé noire et PC gris ou télé grise et PC noir ?

Je ne pense pas être le seul à avoir remarqué cette inversion de couleurs qui s'est produite récemment.

Je m'explique. Il y a quelques années de celà, toutes les télés étaient noires, ainsi que les appareils audio/vidéo de salon comme les magnétoscopes. Quand je dis toutes, c'est vraiment toutes: il était vraiment difficile de trouver une autre couleur. Et puis, avec l'arrivée des lecteurs DVD à place des magnétoscopes, le gris métalisé a très rapidement remplacé le noir. Aujourd'hui, il suffit de se rendre dans un magasin pour s'en rendre compte, on ne trouve plus de télé noire, tout est gris. Encore un exemple récent, la Playstation 2 était historiquement noire, et Sony l'a récemment remplacé par la PS2 Silver.

Mais étrangement, il s'est produit à peu près le phénomène inverse dans le monde du PC. Tous les PC étaient beiges (pas gris, mais pas loin) il y a quelques années, jusqu'au jour où les constructeurs se sont rendus compte que cette couleur n'était pas très design (Apple et l'iMac en premier, rendons à César ce qui est à César) et ont abandonné le PC beige, la couleur la plus courante étant aujourd'hui le noir. Pour résumer, quand les télés sont passées du noir au gris, les PC sont passés du beige au noir.

Bon alors moi j'aimerais qu'on m'explique: c'est à la mode le noir ou pas ? Est-ce qu'un designer pourrait me dire pourquoi le noir est beau sur un ordinateur mais pas sur une télé ?

Et puis il y a autre chose, c'est là que je voulais en venir: la Convergence numérique, y ont-ils pensé ? Oui, avec un C majuscule, celle dont parlent les magazines PC quand il ont tout dit sur les pseudo-nouveautés de Windows Longhorn Vista et qu'il reste des pages à remplir. Celle qui consiste à surfer sur le net, regarder des films, écouter de la musique sur le même appareil (bardé de DRM et utilisant des formats propriétaires évidemment, histoire de ne pas risquer de se faire piquer son marché). OK, fusionnons la télé et le PC dans un media center, mais... de quelle couleur il va être, ce média center, rayé noir et gris ?

Depuis chez moi, je ne vois pas la mer...

...mais presque :-) Vous l'aurez deviné, j'ai enfin déménagé, j'ai quitté Lyon pour Nice. Pour ceux que ça intéresse, le nouvel appart' se trouve là, au centre-ville de Nice, en plein sur le tracé de la ligne de tramway en construction. Je travaille maintenant, depuis près de deux semaines, pour Amadeus, où j'ai d'ailleurs rejoint pas mal d'Imagiens.

Il y a pas mal de raisons qui, associées, m'ont décidé à accepter ce nouveau poste, mais la plus importante est tout simplement le besoin de changement. Changement de ville, changement de région, mais aussi changement d'environnement de développement (je passe d'un environnement Microsoft à un environnement Unix).

Le déménagement lui même est terminé (merci Didier et Guillaume), et l'installation est bien avancée. On a déjà récupéré des guides de randonnées et on va en faire quelques unes dans le Mercantour avant l'hiver. Si quelqu'un a des coins sympas à me proposer, je suis tout ouïe !

Ca fait plus d'un mois que je n'ai plus Internet à la maison, et ça va durer encore quelques semaines (j'attends les nouvelles CGV de France Telecom pour me réabonner à Free). Au début je ne savais pas si je pourrais tenir aussi longtemps... et finalement ça se passe vraiment bien. Je dirait même que c'est un mal pour un bien: ça me donne l'occasion de lire plus, de sortir plus, de passer plus de temps avec ma moitié. Tiens, avant-hier on a été voir La mort en ligne de Takashi Miike qui n'a pas reçu de très bonnes critiques et... excellente suprise ! Le film n'est pas parfait, Takashi Miike en fait un peu trop, mais est vraiment flippant; ça fait longtemps que je n'avais pas eu peur comme ça au cinéma...

Et puis ma rentrée sur le plan informatique va coïncider avec des événement comme la sortie de KDE 3.5 (avec entre autres un Konqueror qui passe le test Acid2 et un Kopete qui supporte la webcam sur le protocole MSN) et la sortie de (K)ubuntu Breezy Badger. Il y a aussi la soudaine mode pour le Web 2.0 (sic), dont parle Olivier et plein d'autres. Le terme est bien pompeux, plus marketing que technique (non non, inutile de chercher des spécifications sur le site du W3C), mais a le mérite de nous rappeler à quel point le web est un terrain de jeu intéressant en ce moment...

Je ne promets rien, mais je vais essayer de revenir à un rythme de billets un peu plus élevé, tout au moins plus régulier. C'est con, mais c'est pendant les périodes où je pense le plus que j'écris le moins... Bref, je vais essayer pour l'avenir de faire plus de billets, éventuellement plus courts.

Pourquoi j'utilise Kubuntu

Kubuntu

Après... un mois et demi de silence, j'ai décidé de vous parler d'Ubuntu, ou plutôt Kubuntu, la distribution Linux que j'utilise depuis quelques mois. Rassurez-vous, il ne m'est rien arrivé durant ce temps, disons que j'ai décidé de me consacrer un peu plus intensivement aux projets qui me tiennent à coeur.

L'histoire commence début avril. A cette époque, je décide de contribuer au développement de KDE. Je reviendrai là-dessus très probablement dans un prochain billet. Problème: à ce moment, je tourne sous Mandrake 10.1 dont la version de KDE est la 3.3. Or je n'ai qu'une seule machine, pour l'utilisation classique et le développement, donc il me faut un KDE 3.4 packagé, qui sera compatible avec les modules que je compilerai à partir du tronc SVN. Depuis quelques temps déjà, j'ai envie de revenir vers une Debian-like et (K)ubuntu en est la version bleeding-edge qu'il me faut. Je l'ai déjà testée rapidement, mais là toutes les raisons me font l'installer comme OS princial.

Donc après 4 mois de Kubuntu, je pense connaître suffisamment la distribution pour en faire un faire un commentaire pertinent.

Voici ce que j'aime dans Kubuntu :

  • le public commitment (engagement public) que fait Ubuntu à ses utilisateurs. En particulier le fait qu'elle s'engage complètement dans les principes du logiciel libre, et qu'elle restera gratuite. Le fait qu'elle soit maintenant développée par une fondation indépendante aussi ;
  • la grande quantité de paquets officiels que contient la distribution et la puissance du système de gestion des paquets. La plupart des paquets Debian sont en effet repris dans Ubuntu ;
  • le calendrier fixe de sorties de versions, à savoir une sortie tous les 6 mois, pour avoir toujours un système à jour. De plus lorsqu'une version de KDE sort entre deux release, celle-ci est incluse dans les quelques jours dans les paquets officiels Kubuntu
  • la (relative) facilité d'installation ;
  • la communauté, particulièrement sympa et disponible (à comparer avec la communauté Debian moins accessible ou la communauté Mandriva il faut être membre du club pour participer).

Voici ce que j'aime moins dans Kubuntu :

  • la détection du matériel est meilleure que celle d'une Debian nue, mais pas à la hauteur de celle de Mandriva ou Suse. Quand j'ai booté pour la première fois, je n'avais ni son ni webcam. Pour le son, j'ai cherché assez longtemps avant de comprendre que le périphérique de ma carte son rentrait en conflit avec un autre, et qu'il fallait que je change l'ordre de chargement des modules. Pour la webcam, son driver, pourtant libre et éprouvé, n'était pas inclus dans Ubuntu. Rien de dramatique donc, des problèmes faciles à résoudre pour un habitué, mais n'incitant pas un débutant à poursuivre l'aventure sous Linux. Surtout que ces périphériques sont parfaitement reconnus par d'autres distributions ;
  • certains paquets (pas les logiciels connus) vraiment vieux. Par exemple, j'en avais parlé dans un commentaire, SCIM n'en est qu'à sa version 1.0.2, alors qu'il y a eu 3 versions majeures depuis ;
  • la jeunesse de l'ensemble : des paquets sans entrées dans le menu, d'autres non traduits ou sans documentation (alors que la documentation existe)...

J'ai parfaitement adopté Kubuntu qui répond pleinement à mes besoins : pouvoir développer pour KDE, au sein d'un système stable et avec les dernières versions des logiciels. Durant ces 4 mois, j'ai pas mal contribué au Wiki Ubuntu-fr et je pense que ce wiki est une mine d'or pour les débutants. Cependant, dans sa version actuelle, je ne conseillerai pas (K)ubuntu à un débutant car il nécessite de mettre les mains dans le camboui (il n'y a pas d'outil graphique de configuration du matériel). Je continue à estimer que l'utilisateur final, non informaticien, ne doit pas avoir à taper de la ligne de commande pour pouvoir utiliser son ordinateur (sous-entendu: surfer sur Internet, copier les images de son appareil photo, rédiger ses lettres), qu'il n'a même pas à voir le processus de boot du système.

Au fait, il y a quelques jours j'ai installé une Gentoo et... j'ai tripé :-) Faudra aussi que j'en parle...

Utopie: la ville sans voitures

Je prends tous les jours mon vélo pour aller travailler, mon boulot se trouvant à environ 5 km de chez moi.

Il m'arrive souvent de m'énerver contre les voitures qui se croient tout permis sur la route, alors qu'elles devraient garder la tête basse, étant donné que ce sont elles qui polluent la ville et menacent l'avenir de la planète. Après le temps de l'énervement, je me mets généralement à essayer d'imaginer une société qui a tenu compte de ses égarements passés et décide de se comporter de façon responsable par rapport à sa planète.

Quand je pense à tout ça, je suis au milieu des gaz d'échappement de la ville, donc ce qui me vient en premier à l'esprit est l'idée d'une ville sans voitures. C'est ainsi que je me l'imagine :

  • un réseau de métro couvre tous les grands axes;
  • le reste de la ville est couvert par des lignes de tramway. Le but est que tous les habitants de la ville soient au maximum à 400m d'un arrêt de métro ou tram;
  • la voiture est, vous l'aurez compris, complètement prohibée dans la ville. Les vélos et rollers ont toute la place qu'ils souhaitent. Un système tel que vélo'v à Lyon permet d'emprunter des vélos dans toute la ville (je reviendrai peut-être sur vélo'v dans un autre villet plus sérieux);
  • les véhicules de livraison, exclusivement électriques, peuvent circuler le matin;
  • une gare au centre-ville accueille le TGV, pour que les liaisons avec les autres villes soient rapides. L'aéroport est si possible à proscrire, mais si la taille de la ville est si importante qu'il devient obligatoire de la relier aux autres continents par exemple, l'aéroport est très à l'écart de la ville, mais accessible par un tramway express;
  • les zones industrielles situées à l'extérieur de la ville sont également accessibles par un tramway express. Les entreprises sont incitées à occuper ces zones. Les autre zones bénéficient d'un réseau de bus, et des grands parkings à voitures sont disponibles tout autour de la ville, sur les arrêts de tram et métro;

Vous allez me répondre Comment je fais pour ramener mes courses chez moi, amener ma vieille armoire à la déchetterie, charger ma voiture pour partir en vacances ? Le but est de favoriser le commerce de proximité, plus convivial et créateur d'emplois, mais il possible d'imaginer :

  • l'usage de la voiture peut être autorisé une fois par semaine (à discuter). Il faut s'inscrire sur le site Internet de la ville avant le déplacement, et gare aux voitures roulant sans être inscrites;
  • des services aux particuliers répondent à tous les autres besoins, cela est par ailleurs créateur d'emplois (les entreprises proposant ces services ont droit à des véhicules électriques);
  • il peut être envisagé que dans un premier temps des exemptions de l'interdiction de voiture soient possibles moyennant finance. Evidemment, le coût doit être très dissuasif, et l'argent récolté servir à 100% à financer la ville (je parlerai du coût de la ville plus loin)

Je vous entends aussi vous écrier Tous ces transports en communs fonctionnent à l'électricité, mais fabriquer de l'électricité est polluant ! Certes mais, juché sur mon vélo, je réponds :

  • l'obtention d'électricité est polluante, mais cette pollution est maîtrisée par les collectivités. L'électricité pollue à sa production, mais pas à son utilisation. C'est à dire que ceux qui polluent ne sont plus directement les particuliers, mais des organismes plus responsables;
  • tous les logements possèdent des panneaux solaires pour fournir le plus d'électricité possible;
  • des actions sont menées en parallèle pour économiser l'énergie, ne sont vendues que des ampoules ou appareils électriques économiques (c'est incroyable toute l'énergie gaspillée);
  • les énergies renouvelables sont amenées à se développer, et on peut penser qu'en investissant suffisamment dans la recherche, d'ici quelques dizaines d'années, elle permettront de subvenir aux besoin d'une ville.

Le coût d'une telle réalisation peut sembler énorme, mais il faut mettre en avant la quantité d'emplois qu'elle permet de créer. De plus, si on le replace dans le cadre d'une politique tournée vers le développement durable, ce coût n'est plus si exhorbitant. Je ne rêve pas d'une ville sponsorisée, mais on peut imaginer que des grands groupes soient intéressés par une participation à l'effort financier, parce qu'ils croient au projet ou tout simplement pour se donner une image écologique.

Bon, ça y est, j'arrive à Part-Dieu où je travaille. Je range mon vélo dans le garage et je monte dans mon bureau, au troisième, où je dois vite oublier toutes ces pensées utopiques et me remettre à bosser, pour des objectifs beaucoup plus terre à terre.

Constitution européenne (suite)

Ce qui se passe depuis le référendum sur la constitution européenne me fait chier.

Je précise, ce n'est pas le résultat du vote qui me fait chier: les français se sont exprimés, il faut respecter leur vote. Moi personnellement je trouvais que les deux votes pouvaient se justifier (ou alors ne pouvaient pas se justifier, tout est question de point de vue). J'avais surtout à choisir: voter non sur le texte lui-même, voter oui par crainte qu'un texte pire ne le remplace, ou encore voter blanc sachant que ça serait compris comme une abstention. Non, ce qui me m'énerve, c'est les réactions qui ont suivi le référendum.

Je trouve que la plupart des grands journaux ont été particulièrement méprisants pour ceux qui ont voté non, en faisant des amalgames pour appuyer leur point de vue. Un éditorial typique est celui de Jean-Marie Colombani publié par Le Monde, journal a priori respectable. En voici quelques extraits:

Personne ne prétendra que les Français se sont livrés à un pur exercice d'exégèse et qu'ils se sont prononcés pour ou contre le traité constitutionnel en raison de tel ou tel de ses 448 articles.

Qu'en sait-il ? C'est évident que la majorité des électeurs n'a pas lu tout le texte, mais beaucoup l'ont fait et ont choisi de voter non. Dans ma boîte, on a débattu pendant des heures sur telle ou telle directive. Même si ce n'est pas une majorité, beaucoup de personnes, notamment parmi les jeunes actifs, ont étudié le TCE et voté Non en connaissance de cause. Colombani fait un amalgame.

Le rejet du traité constitutionnel révèle, d'abord, qu'une majorité de Français n'a pas, ou n'a plus, envie de l'Europe.

D'après les sondages que j'ai vus (sur France 2 le soir du vote) il y a environ 29% de nons souverainistes. Même si ce pourcentage n'est pas parfaitement exact, je n'appelle pas ça une majorité de français. Le reste n'est pas anti-européen.
En particulier, le PS français a une culture profondément européenne, et pourtant une majorité de ses sympathisants a voté non. Cette majorité ne voyait probablement pas la possibilité de faire une Europe sociale avec cette constitution. Encore un amalgame.

Et puis j'ai eu l'occasion (merci à mon collègue Fred) de lire cette tribune, de Fréderic Lordon, qui porte un regard très critique mais à mon avis assez juste de cet emballement médiatique. Attention, elle est très bien écrite, un peu dans le style de Bourdieu, donc un peu exigeante à lire. Quelques passages:

Quand Maryse Burgot (JT, France 2, 30 mai), envoyée très peu spéciale, s’en va sonder l’opinion hollandaise en se demandant gravement si celle-ci également se prononcera « contre l’Europe », elle ne fait probablement que rejoindre dans les automatismes de l’incurie ordinaire sa collègue du 13h qui, reprenant les mêmes mots, tend aux passagers d’un train de banlieue un micro les sommant de répondre à la question de savoir s’ils ont voté « à cause de la situation sociale » ou bien « pour ou contre l’Europe ».

[...] dire tout cela n’est pas en appeler à la résurrection de passés dépassés, mais demander simplement, si c’est possible, un peu de rigueur conceptuelle, et aussi l’effort intellectuel de sortir le débat de ces antinomies indigentes qui ne laissent pas d’autre choix que la « concurrence libre et non faussée » de l’Europe d’aujourd’hui ou le retour au goulag.

Incapables de faire la différence entre comprendre et juger, ou plutôt tenant systématiquement une proposition morale pour un acte d’intelligence du monde, leur détestation de la démocratie-qui-les-contredit se trouve pour seul émonctoire la fureur accusatrice et pour seule analyse la dénonciation de la décadence morale.

En relisant l'article pour citer des phrases clés, je redécouvre la qualité d'écriture de Frédéric Lordon, et je comprends à quel point la langue française est riche: il y a des mots pour tout. On peut trouver qu'il y va un peu fort, mais le texte est indéniablement un plaisir à lire.

Pour conclure au sujet de la Constitution, je pense qu'on doit différencier le non européen de ceux qui ne voulaient pas que la politique très libérale soit dans la constitution de l'UE du non souverainiste.
Beaucoup de tenants du oui disent aujourd'hui: "vous avez gagné, essayez de faire une constitution maintenant, avec Le Pen et compagnie".
S'ils veulent vraiment d'une constitution pour l'Europe, ce n'est pas ça qu'ils doivent dire, ils doivent plutôt dire: "nous sommes 45% pour ce traité, rassemblons-nous avec les autres pro-européens et essayons de retirer des directives jusqu'à arriver à une constitution acceptée par la majorité en France et ailleurs en Europe."

Tensions Chine-Japon: pitoyable...

Beaucoup savent que je suis passionné par la Chine et le Japon. Et pourtant aujourd'hui je vais me permettre de passer un petit coup de gueule contre les gouvernements chinois et japonais. D'ailleurs, ça n'est pas du tout contradictoire: c'est parce que j'aime ces pays que je suis aussi révolté par leurs gouvernements respectifs.

Tout d'abord, petit rappel des faits: ces derniers jours ont eu lieu de nombreuses manifestations en Chine contre le Japon. Les chinois critiquent en particulier la parution au Japon de manuels scolaire négligeant les atrocités commises par les Japonais pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Pourquoi le gouvernement japonais est pitoyable ? Parce qu'effectivement il refuse de faire son devoir de mémoire, de reconnaître publiquement et de condamner haut et fort les agissements du Japon avant et pendant la Seconde Guerre Mondiale. En Europe, on se focalise beaucoup sur l'Allemagne nazie d'Hitler, mais il faut savoir que les atrocités commises par le Japon impérialiste à cette époque sont innombrables. Aujourd'hui, des dirigeants japonais continuent à honorer les généraux de l'époque, et dans des manuels scolaires agréés par le gouvernement on ne parle pas d'invasion alors que l'invasion de la Chine a quand même fait plus de 20 millions de morts côté chinois, on ne mentionne pas les massacres ayant eu lieu dans plusieurs villes chinoises (comme Nankin, où 300.000 soldats et civils chinois ont été tués), on prétend parfois que les femmes de réconfort étaient volontaires et non forcées... D'ailleurs des excuses officielles n'ont à ma connaissance été faites ni à la Chine, ni à la Corée, et aucune indemnisation n'a été donnée.
De la même manière que la France doit reconnaître ses crimes en Algérie, que l'Eglise catholique doit reconnaître son implication dans la shoha, que la Turquie doit reconnaître le génocide arménien, il est impératif que le Japon reconnaisse ses crimes et s'excuse auprès des peuples qu'il a opprimés. Sinon, les relations en Asie ne pourront jamais être fortes, basées sur la confiance. D'autant part, les jeunes japonais ayant été éduqués de façon révisionniste, il y a un fort risque de développement du nationalisme japonais, et on voit où il a mené par le passé...

Pourquoi le gouvernement chinois est pitoyable ? Parce que, comme à son habitude, il manipule complètement la population chinoise. Depuis des années, il cultive la haine des japonais, de façon à accroître le patriotisme chinois, ce qui est tout bénéfice pour lui: en effet, les Chinois, qui ont subit la propagande du PC pendant toute leur éducation, et même plus tard par les média (évidemment manipulés), font complètement l'amalgame entre Etat chinois et gouvernement chinois. Donc critiquer le gouvernement, c'est critiquer la Chine. Aujourd'hui, sur les forums Internet chinois, si quelqu'un ose émettre une minuscule critique sur le gouvernement chinois, il va se faire lyncher de partout, on va lui dire qu'il est contre la Chine, il va même se faire insulter.
En ce moment sur la télévision chinoise, on parle sans arrêt du révisionnisme japonais, alors qu'il est extrêmement rare de voir une émission évoquer les crimes commis par les communismes depuis qu'ils sont au pouvoir (à ce sujet il y a quand même un petit peu de mieux, mais ça reste très insuffisant). Il n'y a que sur la télévision hongkongaise que les débats sont moins orientés.

Voilà, c'était mon coup de gueule du jour, j'espère ne pas vous avoir trop effrayé. Et je le rappelle une fois de plus: je n'hésite pas à critiquer les gouvernements chinois et japonais, mais je soutiens totalement les Chinois et les Japonais, qui ne sont que les victimes dans l'histoire.

Favoriser l'Informatique Libre et Loyale en Entreprise (2) Debian

Et puis le lendemain, c'est Raphaël Hertzog, grand contributeur au projet Debian et auteur du livre Cahiers de l'admin: Debian, qui nous a présenté Debian GNU/Linux.

Le plus intéressant dans sa conférence n'était pas la description technique de la distribution, ses avantages et ce qu'on lui reproche; c'était surtout la description du fonctionnement de l'association, par quelqu'un de l'intérieur. Je rappelle que Raphaël a été candidat au poste de leader de Debian, il connaît particulièrement bien les mécanismes internes de Debian.

Les questions qui ont suivi ont aussi été intéressantes. Bon, sans surprise, la première a été la date de sortie officielle de Sarge, actuellement version Testing de Debian... Sans surprise la réponse a été évasive. Il paraîtrait que c'est imminent, le temps de fermer une centaine de bugs critiques, en enlevant des paquets si nécessaire, et de finaliser le tout. XOrg est prêt également, il sera disponible après que Sarge soit sortie. Plusieurs auditeurs ont regretté que souvent les fabricants de serveurs (Dell ou HP par exemple) ne fournissent du support que pour la distribution RedHat, et ne fournissent leur outils spécifiques qu'en RPM, car ils n'ont d'accords qu'avec RedHat. D'après Raphaël, on peut convertir ces RPM en .deb par Alien sans mettre à mal la cohérence du système, des howto sont dipos, et pour le service de nombreuses SSLL ont les compétences nécessaires.

Sinon, j'ai demandé pourquoi Debian ne souhaitait pas réduire sa liste de paquets officiellement maintenus (il y en a près de 10.000) pour concentrer ses ressources sur des points plus demandés par les utilisateurs (sorties moins retardées...) et Raphaël m'a très justement répondu qu'on ne pouvait obliger le mainteneur bénévole du paquet X a s'occuper du paquet Y. Cela dit, des efforts sont faits vus qu'une réduction du nombre d'architectures supportées est envisagée. D'autre part, des projets externes peuvent se baser sur Debian et se concentrer sur un domaine: Ubuntu est un exemple de distribution focalisée sur l'utilisateur, basée sur Debian, qui restera toujours une distribution universelle (c'est d'ailleurs son slogan).

Bref, cette conférence m'a vraiment donné envie de revenir sur une Debian chez moi, mais bon, j'ai toujours en mémoire les problèmes que j'avais rencontrés avec Debian: disque externe reconnu aléatoirement, problème d'internationalisation chinoise... De toutes façons ce n'est qu'une question de temps, j'y reviendrai.

Favoriser l'Informatique Libre et Loyale en Entreprise (1) L'éthique

Oui, je suis d'accord avec vous, le nom Favoriser l'Informatique Libre et Loyale en Entreprise est assez tordu. Mais c'est pourtant celui qu'a choisi le club Linux/Logiciels libres de l'INSA Lyon pour la série de conférences qu'il organise en ce moment.
Les deux premières conférences se déroulant en soirée, j'ai pu y assister et je ne l'ai pas regretté: dans un registre totalement différent, les deux intervenants se sont révélés très intéressants.

Tout d'abord, avant-hier, Perline, co-auteur du livre "La bataille du logiciel libre", a abordé l'aspect éthique du logiciel libre. La conférence n'était pas technique du tout, au contraire. D'ailleurs, ça m'a un peu gêné au début. Par exemple la conférencière tenait pour acquis que la distribution d'un logiciel libre modifié devait forcément être libre également, alors que ce n'est évidemment le cas que pour un logiciel sous licence virale comme la GPL. De même, son historique du logiciel libre et de la société Microsoft était plus qu'approximatif.

Et pourtant, quand elle a commencé à parler de la dimension politique et éthique du logiciel libre, je lui ai pardonné toutes ces imprécisions tellement son discours était juste et intéressant. En particulier elle a vraiment montré à quel point le logiciel libre était une opportunité incroyable pour les pays du tiers-monde là où le logiciel propriétaire ne pouvait qu'agrandir le fossé et assoir la puissance des grands éditeurs américains/européens. Par exemple:

  • Les besoins sont parfois différents dans certains pays. Or un grand éditeur, dans une logique de profit, ne va dépenser une grande somme d'argent pour répondre à ce besoin que si ça va lui rapporter suffisamment. Si ce n'est pas le cas, les utilisateurs n'ont aucun recours puisqu'ils ne peuvent modifier le logiciel propriétaire.
    Avec du logiciel libre, des développeurs des pays en question pourront s'occuper de personnaliser (voire forker) le projet pour qu'il réponde à leurs besoins. Un exemple évident est celui de la localisation, c'est à dire l'adaptation culturelle, linguistique et technique d'une application en fonction des usagers ciblés par cette dernière. Un éditeur de logiciel propriétaire ne va financer que la localisation que dans certaines langues, celles qui seront le plus utilisées, alors qu'un logiciel libre pourra facilement être traduit dans toutes les langues dès lors qu'il y a un volontaire pour le faire.

  • La diffusion du savoir est importante pour tous et dans tous les domaines, mais est primordiale dans le cas des pays en voie de développement. Ce n'est pas parce qu'on a la possibilité de voir le code source d'un logiciel qu'on sera capable d'en faire un autre aussi bon, c'est vrai. Mais c'est très utile quand même. Cela offre à ces pays en retard des briques, pour construire de nouvelles choses sans avoir besoin de réinventer la roue.
    Cette citation s'applique parfaitement: "Si on donne un poisson à quelqu'un, il aura à manger pour la journée, mais si on lui apprend à pêcher, il aura à manger pour toute sa vie."
    L'intérêt n'est pas seulement pour le développeur mais est aussi pour l'utilisateur. On ne s'en rend pas assez compte mais c'est vraiment primordial de pouvoir aller voir comment marche le logiciel qu'on utilise, ce qui n'est pas possible avec le propriétaire. C'est ce qui éveille la curiosité, ce qui développe l'intelligence, la réflexion, et aussi les vocations. Alors qu'en interdisant d'essayer de comprendre comment est fait un logiciel, on ne permet à l'utilisateur que de cliquer sur les boutons et ne faire que ça. De cette façon, il restera à jamais utilisateur et non acteur, et restera ainsi toujours dépendant du grand éditeur américain/européen.
    La conférencière a fait le rapprochement avec l'industrie automobile. Il paraît que Ford a essayer de faire passer une licence interdisant tout propriétaire d'une Ford d'aller voir ce qu'il y avait à l'intérieur. Interdiction de changer une roue soi-même, une bougie, ouvrir le capot... mais obligation d'aller voir un concessionnaire Ford. Ca fait peur. D'ailleurs ça a dû en fâcher beaucoup puisque c'est passé à la trappe. Cela dit, c'est bien la tendance actuelle, et c'est problématique.

La conférence s'est ensuite plutôt focalisée sur les moyens qu'ont les logiciels libres pour prendre de l'importance par rapport aux logiciels propriétaires. Il est apparu qu'un effort, voire un lobbying, doit être fait pour qu'ils soient utilisés par l'Education Nationale. Car quelqu'un qui a utilisé du Microsoft dès l'école va y être habitué. Ensuite c'est un cercle vicieux dont il est difficile de sortir. Les entreprises n'ayant pas envie de dépenser de l'argent à former son personnel vont utiliser du Microsoft puisque tout le monde sait l'utiliser. Pour sortir de ce cycle, les pouvoirs publiques, qui sont moins focalisés sur le profit instantané, ont un grand rôle à jouer. C'est pourquoi la communauté de libre s'intéresse particulièrement à eux.

Je parlerai de l'autre conférence à laquelle j'ai assisté, sur la distribution Debian GNU/Linux, dans le prochain billet...

A l'écoute du marché

Voilà, mon CV est de nouveau en ligne.

Ca ne veut pas dire que je ne me plais pas là ou je suis, mais juste que, comme François et Olivier, "Je suis à l'écoute du marché". Je ne m'interdirai pas de saisir une opportunité qui se présente si elle me fait progresser dans mon projet personel.

Ca se trouve: